Pressestimmen zu Bamako
Zurück zur Film-Übersicht
«Amüsant und ernsthaft in einem: Ein Meisterwerk!»
Freddy Buache, Dimanche Matin, Lausanne
«Einen filmpolitisch dringlicheren und poetischeren Film wird man so schnell nicht finden.»
Julia Marx, Tages-Anzeiger, Zürich
«Der schweifende Blick, die Rolle des Gesangs, die Momente des Atemholens und des Schweigens sind etwas, das in anderen Filmen nicht zu haben ist. Und schon deshalb ist BAMAKO ein singuläres Ereignis im täglichen Kinoallerlei.»
Michael Althen, FAZ
«Einer der ungewöhnlichsten, besten Filme dieses Jahres: "Bamako" von Abderrahmane Sissako beobachtet ein denkwürdiges Gerichtsdrama in und über Afrika.»
Claus Philipp, Standard, Wien
«Was kann man als afrikanischer Filmemacher heute sagen, was kann man zeigen, was machen? Der Mauretanier Abderrahmane Sissako, der seine Jugend in Mali verbracht hat, führt uns in einem Wagemut, den nur die Verzweiflung und die Wut erlauben, auf eine alte Form des Hollywoodkinos zurück und dreht einen Film in Form eines Proszesses.»
Le Monde, Paris
«Auf brillante Weise zeigt Regisseur Abderrahmane Sissako im Kontrast von Gerichtsverhandlung und Alltagsleben, wie die nördliche Welt mit der südlichen umgeht.»
Africavenir
«Sissakos neueste Arbeit ist ein so grossartiges, propagandistisches Lehrstück, ein so intelligenter, politischer, begeisternder Film, wie er im gegenwärtigen Kino sehr, sehr selten geworden ist.»
Stadtkino Wien
«Die Dominanz des Nordens, auch die Deutungshoheit der Welt an sich, sie ist das eigentliche Thema von "Bamako", das aus tiefster Betroffenheit heraus alles andere ist als simples Betroffenheitskino, sondern ein politisch brisanter und zugleich unterhaltsamer Film.»
Christine Stark, Medientipp
«Der Prozess ist im Zentrum des Films, er ist jedoch nicht das Wesentliche. Das Wesentliche ist das fortschreitende Leben. Die Weigerung zuzuhören wird nicht als eine Ablehnung des dem Prozess zugrunde liegenden Anliegens präsentiert. Es geht viel mehr darum zu zeigen, dass das, was die Zeugen sagen längst keine aussergewöhnlichen Enthüllungen sind. Afrika ist die abgedroschenen Diskurse längst überdrüssig.»
Hassouna Mansouri, Tunesien, AfriCiné
«Bamako unterscheidet sich, wie das moderne afrikanische Kino überhaupt, ganz markant vom Gros der europäischen Filme über Afrika, die, so gut gemeint sie auch sein mögen, in der Regel vor allem doch nur «medienwirksame» Klischees reproduzieren. Abderrahmane Sissako zeigt bewusst keine Bilder der Armut und des Elends (sieht man von ein paar kurzen, diskreten Zwischenschnitten auf das Lager eines vermutlich AIDS-kranken Mannes in seiner Hütte einmal ab); sein Film verweigert sich der festgefahrenen Ästhetik des Leids, durch die «die erste Welt» die so genannte «dritte Welt» zu sehen gelernt hat, sondern begegnet den Menschen, die er zeigt, mit allem gebührenden Respekt: «Wenn ich mich denen nähere, die ich filmen will, dann herrscht in mir anfangs Unklarheit, die sich nach und nach lichtet», sagt der Filmemacher über seine Arbeitsweise: «Was mir fehlt, finde ich beim anderen und nehme es von ihm. Ich erkenne in ihm auch ein Stück von mir selbst, und so kann ich mich besser akzeptieren.»
Michael Omasta
Drôle et sérieux: un chef-d'oeuvre
«Venu de loin, ce panorama inventif d'une situation calamiteuse passionnera d'abord le public européen, forcément impliqué par cette suite de réflexions. (...) L'extrême exploit de Sissako va s'ordonner autour d'une magistrale notion qui doit l'ensemble de sa topologie aux moyens d'une comédie à la Brecht. En effet, les arguments des uns et des autres quittent le dialogue pour se prolonger par les descriptions d'une quantité d'interventions tirées des habitudes courantes de la population. Le caractère débilitant de la télévision, par exemple, apparaît grâce à la projection d'un western à l'italienne qui multiplie les coups de feu, les bagarres et les galopades, ou par un retour en arrière d'une fine délicatesse musicale: un ancien migrant raconte sa traversée du Sahara jusqu'à la fin de son exode, raté devant la frontière algérienne. (...) La modernité ferait bien de la reconnaître au-delà de la décoration ou du tourisme, puisque la détruire, c'est détruire notre propre avenir, ce que dit ce chef-d'oeuvre par son intelligente composition de mise en scène.»
Le Matin Dimanche, Freddy Buache
Sissako reconduit là une pratique questionnante propre à la modernité la plus radicale, faisant dépendre l'espoir politique de la possibilité d'ajustement entre les pôles disjoints du son (le procès) et de l'image (les Maliens alentour). Or nombre de plans d'écoute montrent la non-écoute, les gens ayant assurément autre chose à faire que se river aux palabres.
Cahiers du cinema
«Bamako ist eine politische Parabel, die mit zahlreichen Klischees aufräumt: Sie zeigt ein Afrika, das nicht jammert, sondern seine Wut herausschreit, das nicht um Hilfe bittet, sondern seine Rechte geltend macht. Abderrahmane Sissako geht sehr viel weiter als die abgedroschenen Phrasen über die Schwächen der Globalisierung und das Nord-Südgefälle, und liefert, künstlerisch mutig, einen der relevantesten Filme über Afrika überhaupt.
Andréa Florentin, ray» Filmmagazin
Von einem, der auszog, Dialektik zu lernen und in seine Heimat zurückkehrte, mit einer reicheren Sprache, einem größeren Horizont: Der mauretanische Regisseur Abderrahmane Sissako, Filmstudent im Moskau der frühen 90er, Teilnehmer der Dokumenta X unter Catherine David im Jahr 1997 - er wagt in seinem jüngsten Film Bamako ein dramatisches Experiment, das, so schlicht es sein mag, einen ungeheuren Komplex an Weltanschauung(en) eröffnet.
Der Standard, Wien
«La raison qui m'a poussé à faire ce film, raconte le réalisateur Abderrahmane Sissako, tient à mon regard sur l'Afrique, l'Afrique non pas comme le continent qui est le mien mais comme un espace d'injustices qui m'atteignent directement. Quand on vit sur un continent où l'acte de faire un film est rare et difficile, on se dit qu'on peut parler au nom des autres: face à la gravité de la situation africaine, j'ai ressenti une forme d'urgence à évoquer l'hypocrisie du Nord vis-à-vis des pays du Sud.»
Que dire, que montrer, que faire, que filmer en tant que cinéaste africain aujourd'hui ? Le Mauritanien Abderrahmane Sissako, qui a passé son enfance au Mali, propose, en un coup d'audace que le désespoir et la colère seuls autorisent, une forme jusqu'à présent plus répandue dans le cinéma hollywoodien qu'africain : le film de procès.
Le Monde
«Das wahre Drama in Afrika sind nicht die Menschen, die sterben, es sind jene, die enttäuscht sind und jegliche Hoffnung verloren haben.»
Abderrahmane Sissako
Entretien avec Abderrahmane Sissako
Comment est né ce projet ?
Ce film est d'abord lié au désir de tourner dans la maison de mon père, aujourd'hui disparu. Cette maison se trouve à Bamako, dans le quartier populaire d'Hamdallaye. C'est une maison simple, construite en terre. Dans la cour se côtoient, depuis des années, un robinet et un puits. Ici, l'eau coûte cher, et pour faire des économies, mon père a fait creuser un puits. C'est dans cette cour que j'ai grandi, avec mes nombreux frères, soeurs, cousins, cousines, tantes, oncles, parents proches et lointains. Jamais nous n'avons été moins de vingt-cinq à dormir, à manger, à apprendre, à vivre presque à tour de rôle.
Aujourd'hui, la plupart d'entre nous a quitté cette maison pour vivre ailleurs ; pour autant la maison ne désemplit pas... De nouveaux cousins, cousines, parents proches ou lointains y vivent, vont à l'école ou abandonnent pour s'accrocher à un petit boulot de survie. Pour moi, cette maison est liée au souvenir de discussions passionnées avec mon père sur l'Afrique.
L'autre raison qui m'a poussé à faire ce film tient à mon regard sur l'Afrique - l'Afrique, non pas comme le continent qui est le mien, mais comme un espace d'injustices qui m'atteignent directement. Quand on vit sur un continent où l'acte de faire un film est rare et difficile, on se dit qu'on peut parler au nom des autres : face à la gravité de la situation africaine, j'ai ressenti une forme d'urgence à évoquer l'hypocrisie du Nord vis-à-vis des pays du Sud.
C'est sans doute votre film qui possède la narration la moins traditionnelle. Comment avez-vous développé ce dispositif ?
Dans un premier temps, je voulais circonscrire le film à l'espace du procès sans jamais en sortir. Par la suite, j'ai compris que je pouvais peut-être aller plus loin si j'abandonnais cette idée d'espace unique, théâtral, et que je mettais en scène des personnages extérieurs au procès.
Ce qui frappe, c'est précisément la vie qui continue tout autour du tribunal : des femmes teignent des étoffes, une mère soigne sa petite fille, un couple se déchire, un autre se marie ...
J'ai développé ces intrigues secondaires parce que je voulais que la vie des habitants de la cour fasse écho ou interfère avec la parole délivrée à la barre. Le discours des avocats illustre une forme d'intelligence qui monopolise toute l'attention et il fallait impérativement que cette érudition du propos soit relativisée par ces vies qui continuent tout autour de la cour.
Les gens qui gravitent autour du tribunal croient au procès mais n'attendent rien de son verdict. Parlant de l'Occident, l'un des témoins m'a dit pour m'encourager : "Au moins, ils sauront que nous savons".
Dans En attendant le bonheur, vous montriez l'impuissance des pouvoirs publics africains et les politiques anti-immigration des pays occidentaux. Ici, vous franchissez une nouvelle étape avec un film en forme de parabole.
Je crois profondément que la vie et l'espoir dépassent la notion de justice.
Le discours de vérité est aujourd'hui extrêmement difficile à faire entendre et le passage par la parabole me semblait juste. J'ai voulu que les discours des protagonistes du procès soient régulièrement coupés par d'autres réalités qui
prennent parfois la forme de paraboles.
Imaginer ce procès en dehors d'un lieu de vie était pour moi impossible.
Peut-on dire que ce procès a une vertu cathartique ?
La vraie question est là : aucune juridiction n'existe pour remettre en question le pouvoir des plus forts. Il ne s'agissait pas tant de désigner les coupables que de dénoncer le fait que le destin de centaines de millions de gens est scellé par des politiques décidées en dehors de leur univers. Cela renvoie à la déclaration d'Aminata Traoré, l'une des témoins, qui refuse de considérer que la principale caractéristique de l'Afrique est sa pauvreté : non, dit-elle, l'Afrique est plutôt victime de ses richesses ! Je voulais donc donner de mon continent une autre image que celle des guerres et des famines. C'est en cela que la création artistique est utile, - non pas pour changer le monde, mais pour rendre l'impossible vraisemblable, comme ce procès des institutions financières internationales.
Comment avez-vous élaboré les "dialogues" des protagonistes du procès ?
Il faut savoir que j'ai fait appel à des magistrats et avocats professionnels et à de véritables témoins. J'ai eu une longue préparation avec eux. J'ai déterminé le cadre des débats puis je les ai mis en situation. Au moment du tournage, je leur ai laissé une grande liberté pour témoigner, accuser ou défendre. Certains témoins ont été choisis parmi les victimes des fameux "ajustements structurels" de la Banque mondiale et du FMI : ce sont ceux qu'on appelle les "compressés", les "déflatés", les "ajustés", comme ces anciens fonctionnaires qui se sont retrouvés au chômage parce que les services publics ont été privatisés et cédés à des multinationales occidentales ... Ces "témoins" avaient le sentiment qu'un authentique procès se déroulait et ont donc déclaré à la barre ce qu'ils avaient sur le coeur. Là encore, je n'ai rien inventé.
Vous rappelez que ce sont les femmes qui jouent un rôle moteur en Afrique et empêchent le continent de s'embraser.
Oui, et ce sont elles qui empêchent qu'on soit trop pessimiste sur l'avenir du continent ... Quand on voit leur volonté de se battre, leur force, il était normal de leur donner un rôle essentiel dans le film, dans le procès comme dans la vie qui continue autour de la cour.
A quoi correspond la scène de western spaghetti ?
Pour moi, c'était une manière de montrer que les cowboys ne sont pas tous blancs et que l'Occident n'est pas seul responsable des maux de l'Afrique. Nous avons, nous aussi, notre part de responsabilité. C'est pour cela que le cow-boy qui tire sur l'instituteur "en trop" est africain... D'ailleurs, une grande partie de l'élite africaine est complice de l'Occident : ils n'ont jamais eu le courage d'agir pour changer les choses car chacun veille égoïstement sur ses propres intérêts. J'ai donc envisagé cette séquence de western comme la métaphore d'une mission de la Banque mondiale ou du FMI - puisque ces missions sont menées conjointement par des Européens et des Africains.
Quels ont été vos partis-pris de mise en scène ?
Pour moi, le tournage du procès devait s'inscrire dans une démarche quasi-documentaire : on ne devait pas interrompre une scène, ni demander à un témoin de reprendre sa phrase et on laissait le président du tribunal et les avocats écouter les témoignages puis intervenir comme ils l'entendaient. Nous avons utilisé quatre caméras vidéo et un preneur de son, en les rendant délibérément visibles à l'image. Car je voulais qu'on s'habitue à ce dispositif technique, comme dans n'importe quel procès. Et c'est moi qui décidais de cadrer tel ou tel personnage, comme dans une régie télé.
Pour les scènes extérieures au procès, on a, en revanche, adopté une mise en scène de fiction, avec un découpage, des champs-contrechamps, des plans-séquence, ... et on a tourné en film.
C'est ainsi que j'ai été amené à réunir dans un même film des acteurs professionnels, de vrais avocats, magistrats et témoins, des habitants du quartier, des membres de ma famille.
Vous faites aussi intervenir un personnage muni d'une caméra...
Le personnage de Falaï, le cameraman, fait des images aussi bien pour les mariages que pour la police criminelle. Mais il dit qu'il préfère filmer les morts, "ils sont plus vrais". J'ai voulu montrer les images qu'il tourne en caméra subjective, sans son. Ces images représentent pour moi le regard de ceux qui n'ont pas droit à la parole.
IWF und Weltbank
Der Internationale Währungsfonds (IWF) ist eine UN-Sonderorganisation und als solche eine Schwesterorganisation der Weltbank.
Der Währungsfonds wurde gegen Ende des Zweiten Weltkriegs im Rahmen einer Konfe-renz in Bretton Woods gegründet und nahm im Mai 1946 die Arbeit auf. Am Anfang ging es um den Wiederaufbau des Weltwirtschaftssystems. Der IWF und die Weltbank werden nach ihrem Gründungsort als Bretton-Woods-Institution bezeichnet. Zu den Aufgaben des IWF gehören insbesondere die Förderung der internationalen Zusammenarbeit in der Wäh-rungspolitik, die Ausweitung des Welthandels, Stabilisierung von Wechselkursen, Kreditvergabe, Überwachung der Geldpolitik sowie technische Hilfe. Dem IWF gehören 184 Mitgliedsländer an, deren Stimmrecht sich nach ihrem Kapitalanteil richtet, wobei die Beschlüsse mit einer Mehrheit von 85 Prozent getroffen werden müssen. Da die USA etwas mehr als 17 Prozent Stimmanteile haben, verfügen sie über die Sperrminorität und können alle ihr ungenehmen Beschlüsse alleine ver-hindern. In Bamako steht das System auf der Anklagebank mit dem Vorwurf, es würde seiner Aufgabe nicht gerecht. Insbesondere deshalb, weil die Verschuldung von Ländern Afrikas dazu führt, dass sie einen Grossteil ihrer Einnahmen zur Tilgung der Schulden verwenden müssen, statt zum Aufbau jener Verbesserungen, die mit den Geldern gemeint wären.
copyright text und bild: trigon-film
|