Discontentment reigns in a Kyrgyzian village: money is not flowing as expected, everyone is trying to arrange his own business, if necessary secretly, communism is still finding adherents and the rustler Taschmat is at work, pursued by the village police man Salamat. The villagers belief in better times is weak, as well as their belief in a fair God. Be it Allah or Jehova, they prefer devoting themselves to terrestrial joy. While some are managing to profit from the situation, others are getting nothing. When the rustler Taschmat is caught by the police man, the fabric of the community is put to the test and the village administrator tries to hold his village together. The tragic-comical stories deal with politics and religion, tradition and modernity, pride and honour a parable on the "good old days" and the confidence in the future.

Original Title Saratan
German Title Saratan
French Title Saratan
Other Titles
Directed by Ernest Abdyjaparov
Country Kyrgyzstan
Available Formats 35mm, DVD
Screenplay Ernest Abdyjaparov
Film Editing Saida Sykykova
Soundtrack Ernest Abdyjaparov
Cinematography Jorzsh Hamitski, Talant Akyubekov Jorzsh Hamitski, Talant
Sound Bakyt Niazaliev
Production Icon Film
Runtime 84 Min.
Language Kirgisisch/d/f
Actors
Kumondor Abylov
Askat Sulaimanov
Tabyldy Aktanov
Kanybek Bekbatyrov
Taalai Abazova
Shambyl Kamchiev
Awards

Panorama Sélection Berlin 2005
Grand prix, l'Etoile d'or, Festival international de films de Marrakech 2005
Prix du Jury des jeunes, Festival international de films de Fribourg 2005

Der kirgisische Regisseur Ernest Abdyjaparov entwirft in seinem ersten Spielfilm das Sittenbild einer Gesellschaft im Übergang, und er tut dies ebenso sorgfältig wie humorvoll.

Züritipp, Nicole Hess



Der ganze Ernst des Lebens erscheint in diesem Film in wunderbaren kleinen Grotesken.

Tages-Anzeiger, Christoph Schneider



Das episodisch strukturierte, ohne dramaturgische Höhepunkte auskommende Porträt der Dorfgemeinschaft wird mit beachtlicher Frische und Leichtigkeit erzählt.

NZZ, Till Brockmann



Der Regisseur Ernest Abdyjaparov hat mit "Saratan" - benannt nach dem heissesten Monat im Jahr - einen Mikrokosmos geschaffen, der auf verspielte und burleske Weise eine allgemeine Situation reflektiert.

WoZ



Der heitere Tonfall kann nicht darüber hinwegtäuschen, dass "Saratan" ein ganzes Spektrum ebenso alltäglicher wie tiefgründiger Fragen aufwirft. Die Bewohner dieses (fiktiven) Dorfes schlagen sich mit Problemen herum, die auch in unseren Breitengraden nicht unbekannt sind. Sosehr dieses Dorf offenbar typisch für Kirgistan ist, sosehr ist es auch eine Parabel für das globale Dorf, in dem wir uns heute alle mehr oder weniger befinden.

Filmbulletin, Sascha Badanjak



Episodisch erzählt Abdyjaparov von einer skurrilen und dabei sehr liebenswerten Dorfgemeinschaft in Zeiten des Umbruchs. Ein kleines Bijou ist ihm gelungen, ein ebenso sorgfältiger wie humorvoller Film.

Independent Pictures, Judith Waldner



Saratan est une parabole politique et sociale pétrie d'humour. Une réussite!

La Liberté



«Im Zentrum der Geschichte steht das Schicksal des kirgisischen Volkes nach dem Zusammenbruch des sowjetischen Reiches und der Unabhängigkeit, die Kirgisien damals gewann. Völlig unerwartet funktionierten die Mechanismen der staatlichen Zentralisierung nicht mehr. Der Held der Geschichte ist natürlich das kirgisische Volk, das die Folgen zu tragen hatte, bevor Lösungen zur Bewältigung der Probleme gefunden wurden. Zweifellos sind einzig Humor und Selbstspott imstande, die ganze Kraft der traurigen Bilder, die der Alltag bietet, zu erfassen und zu verstehen; ein Humor, der jenseits des Lachens am Werk ist, da er direkt aus der Absurdität der Situation entsteht.» Ernest Abdyjaparov



Ernest Abdiyschaparow weiss in «Saratan» kurzweilig vom Schlendrian und von der alltäglichen individuellen Improvisationskunst in einem kirgisischen Dorf zu erzählen.

NZZ



Und dann sind da die verzweifelten und dennoch von Lebenslust und -kraft bestimmten Überlebensgemeinschaften mit ihren manchmal ins Tragikomische spielenden Geschichten, im kirgisischen Dorf, von dem Ernest Abdyjaparov in «Saratan» erzählt.

Fred Zaugg, Der Bund



Drôle, tenu et universel, le premier opus d'Ernest Abdyjaparov séduit.

Combien en a-t-on vu, de films du tiers-monde qui chroniquent la vie d'un petit village, son rythme pépère, son horizon bouché, sa survie à l'écart des grands chambardements de l'Histoire? Les habitués des festivals comme Fribourg et Locarno ne le savent plus trop au juste. Quant aux amateurs de grand cinoche hollywoodien qui déménage ou de gros comique français qui tache, ils ne s'y aventureraient pour rien au monde. Alors, pourquoi Saratan d'Ernest Abdyjaparov, venu du lointain Kirghizistan, pays de cinq millions d'habitants qui ne compte pas plus de cinq cinéastes en activité? D'abord parce que c'est l'une des plus belles réussites du genre. Un film à la fois très ancré dans la réalité de l'Asie centrale post-soviétique et étrangement universel, par les comportements humains qu'on y rencontre. Mais aussi un film remarquablement réalisé, mélange de tranquille beauté asiatique et de large vision satirique façon Altman ou Iosseliani. Bref, on s'est à peine installé dans ce petit village au pied des montagnes, avec l'espoir limité d'éviter l'assoupissement, qu'on se surprend à rire. Et le film, à travers ce microcosme joliment croqué, de nous brosser le tableau tragi-comique de tout un pays orphelin d'un ordre disparu, qui ne sait plus à quel saint se vouer. (...) Chef d'orchestre discret, Ernest Addyjaparov (né en 1961) dirige tout ce petit monde presque sans avoir l'air d'y toucher. Vaguement centré sur le maire, le film navigue entre une quarantaine de personnages, fait se rencontrer en prison un témoin de Jehova et un contestataire communiste, vire au drame avec l'affrontement du policier et du voleur, et réunit tout le monde derrière un tracteur comme au bon vieux temps du réalisme socialiste - même si seul le gros propriétaire local en profitera.On devine la parabole, mais celle-ci sait rester discrète dans une mise en scène qui refuse toute systématique. Surtout, on devine dans le regard à la fois acéré et attendri du cinéaste la sagesse de celui qui a renoncé à juger les faiblesses humaines. Les nôtres, qu'on soit Asiatique ou Européen, Kirghize ou Suisse. D'où sans doute le joli parcours festivalier de Saratan, passé par les festivals de Berlin, Fribourg, Karlovy Vary, Pusan, Rio de Janeiro et Londres pour finir par décrocher un Grand prix à Marrakech."



Le Temps



En somme, face au beau paysage que domine le vent dans les feuillages, un sentiment d'infortune règne. Mais il n'empêche aucunement l'euphorie quotidienne, ce qui vaut mieux que la voiture, le tracteur et les promesses du capitaliste en costume blanc décidé, vers la fin, à remettre le travail au centre de cette anarchie, satisfaite à cause d'un avenir partout dérisoire et privé d'issue.

Joué sur la base de plans-séquences, d'une atmosphère asiatique drôle, ce film se veut une métaphore de la politique universelle actuelle, et l'auteur se souvient des oeuvres du passé tournées dans sa région, d'abord par les Soviétiques: «Chaleur torride» (1963), de Larissa Cheptiko, l'inoubliable «Premier maître» (1965), d'Andrei Mikhalkov Konchalovski, d'après l'écrivain kirghiz Tchinguiz Aïtmatov, puis des cinéastes kirghiz, à commencer par Tolomouch Okeev («La pomme rouge», 1975, également d'après Aïtmatov), début d'une série de réalisations remarquables de cette république de l'URSS.

Le Prix des jeunes en 2005

Freddy Buache.













Interview Liberté:



Saratan aborde une quantité de thèmes, légers ou dramatiques, à travers un scénario d'une précision d'orfèvre. C'était un travail d'écriture considérable?



Ernest Abdyjaparov: Votre question m'amuse beaucoup, parce que c'est exactement le contraire. Suite à un accident, j'ai dû rester couché deux semaines. Je n'avais rien à faire et c'est ainsi que j'ai décidé de m'attaquer à ce scénario. J'ai écrit tous les dialogues en dix jours et ensuite je n'ai fait que quelques retouches.



Comment avez-vous pu financer votre film?



En 2001, une loi sur le cinéma a été votée qui adjuge 0,1% du budget annuel du Kirghizistan à la production cinématographique. Mon film a été le premier à bénéficier de ce financement. Ce système devrait permettre de produire un long-métrage par année.



Quelles sont vos influences cinématographiques?



J'ai grandi en même temps que le cinéma kirghiz et j'ai vu tous les films qui ont été réalisés dès les années 60. Mais le film qui m'a bouleversé, c'est le Stalker, de Tarkovski. J'ai découvert alors tout ce que le cinéma était capable d'exprimer.



Beaucoup de scènes sont tournées en plans-séquences et nécessitent une extrême minutie dans la mise en scène...



Nous avons fait beaucoup de répétitions pour éviter de devoir multiplier les prises de vue. Nous avons beaucoup d'excellents comédiens de théâtre au Kirghizistan et tous les acteurs sont des professionnels.



Vos personnages sont très typés et nous font beaucoup rire, même sans connaître le contexte. Comment sont-ils perçus chez vous?



Chacun symbolise une certaine catégorie de la population. Souvent, on me dit: «Je connais celui qui t'a inspiré pour tel ou tel personnage», mais en fait, tous les personnages sont totalement imaginaires. Par contre, tous les sujets que j'aborde, comme le vol de bétail, les différences religieuses, l'alcoolisme, ou le viol d'une jeune femme «commandité» par une belle-mère, sont des problèmes omniprésents dans notre société.



La fin du film est ambiguë: pour sauver son village, le maire pactise avec un capitaliste aux allures mafieuses...



Cela symbolise le Kirghizistan qui s'est vendu au Fonds monétaire international. Mais avions-nous un autre choix? Comme les paysans du film, c'était ça ou disparaître. I

Éric Steiner



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