Comrades In Dreams

Uli Gaulke
North Corea, 2007
Ils sont six, ne se connaissent pas car ils vivent aux antipodes les uns des autres. Ils font partie pourtant d’une même communauté et partagent une même passion: le cinéma. En Inde, au Burkina Faso, en Corée du Nord et aux Etats-Unis, sous un chapiteau ou les étoiles, dans une petite salle de village ou une maison de la culture, ils sacrifient tout à cet amour qu’ils veulent faire partager, chacun à leur manière, mais toujours chaleureuse, à un public de tous âges et de toutes conditions.

Vive le cinéma!

Foin des belles théories sur le cinéma! Ici, l’émotion est reine. Celle que l’on partage avec une salle pleine. Que ce soit Titanic ou Kalubai, Hollywood ou Bollywood, ou encore avec un film coréen destiné à élever les masses, elle est là, dans la salle et à la sortie. Une émotion que ces fous de cinéma sont heureux de partager, car ils l’éprouvent toujours. Cela se voit sur leurs visages, s’entend dans leurs phrases. Et cela est contagieux: nous-mêmes, nous la ressentons à la vue de ces images. Au sortir d’une séance de Titanic, la jeune burkinabé a les mêmes larmes que Penny l’Américaine, à des milliers de kilomètres. Comrades in Dreams est bien une déclaration d’amour pour le cinéma. Il est aussi plus que cela. Ce documentaire chaleureux montre ce que peuvent encore apporter ces petites salles qui perpétuent la dimension humaine du cinéma. Car ces amoureux du rêve sur celluloïd ont un autre point commun: ils sont présents et entretiennent aussi une relation chaleureuse avec leur public. Le jeune Anup est heureux d’inviter des stars à présenter leur film à son public. Luc, Lassane et Zakaria, au Burkina Faso, n’hésitent pas à laisser entrer quelques désargentés, espérant les «convertir». Uli Gaulke, le réalisateur, exploite lui-même une petite salle à Berlin, il sait donc de quoi il parle. Il n’a surtout pas voulu réaliser une œuvre explicative. Il est «simplement» allé à la rencontre de complices, habités par la même foi – car ce doit en être une, pour se consacrer autant à cette passion. Et la magie fonctionne car, nous aussi, nous ressentons une envie irrépressible de retourner au cinéma. Pas seulement pour voir un film, mais surtout pour rencontrer des gens.