Blue Gate Crossing

Chih-yen Yee
Taiwan, 2002
Kerou a 17 ans, elle est lycéenne. Comme d'autres jeunes filles de son âge, elle se cherche. Rêveuse, elle doute d'elle-même et regrette l'insouciance de l'enfance. Shihao, est un jeune garçon séduisant et un peu rebelle, les filles l'adorent. Yuezhen, la meilleure amie de Kerou, en est folle amoureuse. Un jour Kerou le rejoint à l'entraînement et là, elle se décide à parler. Ce qu'elle lui révèle va le bouleverser et les deux adolescents vont ensemble goûter à l'âge adulte.

Entretien avec Yee Chih-yen

Blue gate crossing est aussi un film sur les difficultés de communication, du langage au contact des corps.

Oui, mais comme cette quête d'identité qui caractérise mes personnages. A 17 ans, on se cherche, et on tente dans un premier temps d'identifier la nature des problèmes auxquels on est confronté, avant d'essayer par la suite d'y répondre. C'est déjà un grand pas de parvenir à en parler.

D'où ce côté romantique parfaitement assumé?

Chez nous, tout est plus romantique. Les adolescents aiment les films TV à l'eau de rose. Les Taiwanais vivent très longtemps chez leurs parents, certains jusqu'à 40 ans. Or, la première expérience sexuelle, c'est aussi une déclaration d'indépendance vis-à-vis des parents, une façon de leur dire au revoir. Un fait qui ne trompe pas: les plus grandes vedettes pop à Taiwan sont les plus inoffensives sexuellement, les moins agressives. Les stars masculines sont relativement asexuées.

Appréhendez-vous la réaction des Occidentaux devant Blue gate crossing?

Non, au contraire, c'est passionnant de voir réagir des publics de culture et d'éducation différentes, qui n'ont donc pas le même rapport intime à ce qui est montré. J'ai pu observer à Cannes ces différences dans les réactions. Le public français voit le film comme une comédie romantique, quelque chose en apparence de léger, une histoire émouvante mais assez gaie. Les gens étaient touchés par l'histoire de ces trois adolescents pour qui tout est en devenir. A Taiwan, à chaque projection, les gens sont en larmes.