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Jesús Martinéz, employé d'une soixantaine d'années, est conduit en urgence à l'hôpital à la suite d'un infarctus. A sa sortie, il se voit présenter une facture exorbitante, qu'il aura d'autant plus de mal à régler que sa femme vient de vider le compte en banque commun avant de le quitter. Pour toucher la somme que lui refuse son assureur, Jesús n'a d'autre alternative que de se faire à nouveau hospitaliser, en usurpant l'identité d'un autre malade "véritable" qui porte le même nom que lui. Un sujet difficile traité avec un humour décapant, portée par une superbe bande-son. El corazón de Jesús est une comédie à l'humour noir, construite à la manière d'une sonate classique en cinq parties, chacune précédée, comme un récitatif, d'une chanson interprétée par le troubadour espagnol Isamel Serrano. Métaphore de la crise que traverse la société bolivienne, le film reflète la frustration progressive d'un homme ordinaire aux prises avec le système de santé de son pays, dont le petit monde se désintègre peu à peu et qui se voit placé dans des situations de plus en plus surréalistes. Consternation, incrédulité, dépit et désillusion se succèdent, avant de faire place à une ingéniosité qui prend sa source dans les circonstances les plus désespérées. Le séjour de Jesús dans le service des malades incurables sera la dernière étape d'une descente aux enfers qui précèdera une forme de résurrection. Le propos de Marcos Loayza, s'il dénonce un état de fait dramatique et bien réel, n'a toutefois rien de moralisateur. Avec l'optimisme contagieux que Jesús communique aux patients de l'hôpital, le film est aussi porteur d'espoir et témoigne d'un formidable appétit de vivre. |
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