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Meghe dhaka tara
Impressionnant récit de la destruction des structures familiales, ce chef-d'oeuvre d'une rare sensibilité témoigne lui aussi de la douleur de Ghatak vis-à-vis d'un Paradis perdu. Forcée à fuir le Bengale pour l'Inde en raison de la séparation du pays, la famille vit dans le même village, mais sa cohésion est gravement atteinte. En effet, au lieu de se partager les responsabilités, tous s'en remettent à leur soeur Nita, exploitant son sens du sacrifice. La famille ne réalisera vaguement son erreur que le jour où, malade d'épuisement, Nita s'effondre.
Avec beaucoup de tendresse et de compréhension pour l'être humain et pour la nature qui le domine, Ghatak ébauche des personnages constrastés: le sort des émigrés politiques qui marque et transforme chacun d'entre eux prend une dimension cosmique, telle que l'image de la «Mère Universelle». A la réalité saturée de luttes et de tragédies, le film, bouleversant de par l'intensité de ses images et de sa musique, oppose la recherche d'une autre vie, au-delà de l'aliénation dont émerge la solitude originelle de l'homme. Certes, le destin détruit l'espoir, puis le corps de Nita. «Je veux vivre!» crie-t-elle alors que sa vie touche à sa fin, et l'écho multiple de son cri retentit du haut des montagnes. Toutefois, le spectateur réalise que la mort ne peut être la fin ni le sens ultime de cette existence meurtrie. Un jour, Ghatak a déclaré que de tout déclin naissait une vie nouvelle. En l'occurence, les nuages cachent encore l'étoile.
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