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Dudichi, un petit village perdu dans les immenses plaines boisées de la province de Gomel, en Biélorussie. Arbres en fleurs, rires d'enfants joueurs, labeurs de saison, tout respire la simplicité, la quiétude, l'harmonie avec la Terre-Mère. Dudichi est pourtant interdit d'accès, tout comme les autres villages à l'entour, vidés de leurs habitants depuis l'explosion, ce matin d'avril 1986, de la centrale nucléaire de Tchernobyl, distante de 200 kilomètres. Aidée par un vent violent, la radioactivité se propagea rapidement et contamina la région entière. Seules six des trois cents familles de Dudichi décidèrent de rester. Nadia, âgée de huit ans, est née après le désastre. L'école est fermée, en ruine comme tous les autres édifices publics. Dudichi est son village natal qui vit au rythme des traditions, réactivées à la moindre occasion. Les aînés, les parents, les jeunes, tous s'entraident pour semer, planter, moissonner et récolter. Les caves et les greniers débordent de pommes de terre, de conserves et de vodka faites maison. On se soucie de la jument, tombée amoureuse de l'étalon du voisin. On danse la polka, on prend son bain au sauna familial. Et si on parle de quitter le village, ce n'est pas pour des raisons de santé, mais pour permettre aux enfants d'aller à l'école. Pour leur avenir. |
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