Les petites gens - Malen'kje Ljudi

Nariman Turebayev
Kazakhstan, 2003
Bek et Max, deux amis, cohabitent dans un appartement minuscule à Almaty, au sud-est du Kazakhstan et gagnent leur vie en vendant des gadgets dans la rue. Si la vie ne leur offre pas grand chose, ils ont pourtant des rêves. Celui de Bek est de rencontrer le vrai, le grand amour. Plus prosaïque, Max désire plus que tout quitter Almaty pour s'installer en Allemagne, où vit sa grand-mère. Le bonheur est-il à la portée des deux hommes?

Nariman Turebayev livre une comédie sensible et subtile qui doit son ambiance chaleureuse avant tout à la personnalité attachante de ses deux protagonistes. En nous entraînant dans la vie de Max et Bek, le réalisateur nous fait également découvrir une autre réalité, celle des habitants de l'une des plus grandes villes du Kazakhstan, où le travail est rare et où l'ingéniosité est le seul recours pour survivre. Par petites touches, le réalisateur tisse une atmosphère en demi-teinte, en ménageant des moments de vraie poésie, d'humour et d'émotion sans utiliser d'artifice superflu. Erjan Bekmuratov et Oleg Kerimov font de Bek et Max des personnages résolument vivants et l'on entre avec délectation dans la vie de ces petites gens.

«Nous essayons généralement de mener notre vie de manière paisible, sans attirer l'attention, ne laissant aucune question ou angoisse métaphysique troubler notre quotidien. Et nous sommes toutefois terrorisés si quelqu'un (parfois nous-mêmes) survient avec un «pourquoi?». Mais cette sensation de vide ne dure pas, et nous l'oublions aussitôt. Pareils à des enfants, nous sommes incapables de la garder en mémoire. Nous faisons des erreurs, mais nous parvenons à rester naïfs et innocents quoi qu'il arrive. Peut-être est-ce là notre salut.» Nariman Turebayev