Li Tien Lu est le plus célèbre maître de marionnettes du monde. A 84 ans, il rassemble les événements de sa vie mouvementée et réfléchit aux forces qui, de 1909 à 1945, ont modelé son destin: «Mes mains ont insufflé la vie à mes marionnettes. Je les ai créées, et j'ai dirigé le théâtre dramatique de leur destin, presque comme si j'avais été Dieu lui-même. Mais la vérité, c'est qu'il y avait derrière moi quelqu'un d'autre qui tirait les ficelles, et moi aussi, je n'étais alors rien d'autre qu'une simple marionnette. Ma vie aura été à la fois un rêve et une tragédie...»
«Le maître de marionnettes» est d'une beauté intime, secrète, qui ne s'offre pas gratuitement: Hou Hsiao Hsien se souvient, comme le maître inégalé Yasujiro Ozu, de l'attitude de l'artiste Haiku, assis dans une tranquillité extrême, qui observe les choses et leurs effets avec une rigoureuse exactitude, touchant ainsi, avec une extrême simplicité, à leur essence même. Indissociable d'une représentation bouddhiste, comparable à plus d'un titre au «Pourquoi Bodhi-Dharma est-il parti vers l'Orient?», le monde est observé de loin, non sans humour. Se réconcilier avec son destin, tel est en filigrane le propos de ce film qui s'adresse à chacun de nous comme à un ami unique. Une invitation à lâcher les amarres pour se laisser emporter dans ce flot d'images et de sons.
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