Hong meigui bai meigui - Red Rose, White Rose
C'est en Europe, lors de ses études, que Chen Bao perd son pucelage. Dès lors, il connaîtra peu de femmes et ces relations seront insignifiantes. Pour Chen bao (Winston Chao, remarqé déjà dans «Garçon d'honneur» et «Salé sucré»), seules deux femmes auront une réelle importance. La première, Jiao Rui, est la femme de son meilleur ami qu'il rencontre à son retour à Shanghaï. Il l'appellera sa «rose rouge», mais la passion débridée et l'amour fou qu'ils vivent l'effraient terriblement. Il la quittera pour sa «rose blanche», Yen-li, une femme docile et pâlotte, qu'il épousera. Il n'aura pour elle que mépris. Toute sa vie, ces deux femme représenteront les deux pôles opposés de son monde sentimental. Mais de quelles émotions peut-il s'agir lorsque toute une vie est soumise au seul devoir de respectabilité et à la carrière professionelle? Lorsque ses besoins de tendresse seront trop forts, il s'en délivrera avec des prostituées, entre déjeuner et réunion de travail. Mais il ne pourra se cacher le vide qu'a laissé sa «rose rouge».
Stanley Kwan réussit à trouver le même ton ironique, parfois sardonique, adopté dans la nouvelle de Eileen Chang, cernant ainsi la personnalité veule et lâche de cet homme qui ne fait que s'apitoyer égoïstement sur son sort. La collaboration dynamique entre lui et son cadreur, Christopher Doyle - comparable au duo Bertolucci-Storaro - donne au récit un style narratif suggestif, vibrant d'émotion. Un film tout à fait insolite, avec son rythme et ses mouvements de caméra, son atmosphère et ses couleurs. Portrait polarisé de sentiments étouffés et d'un coeur maintenu en échec qui dévoile l'illusion d'un homme apparemment sûr de lui. Un homme qui s'enferme lui-même dans un monde clos.
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copyright textes et images: trigon-film
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