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Le village kirghize comme héros Dans son premier long métrage de fiction, Ernest Abdyjaparov nous plonge dans l'atmosphère d'un petit village kirghiz qui sert de métaphore à la situation qui règne dans le pays, une dizaine d'années après la chute de l'Union Soviétique. L'argent fait gravement défaut et chacun se débrouille comme il peut pour s'en sortir. Sur un ton tragi-comique, l'histoire nous raconte comment le personnages de ce microcosme gèrent la situation entre politique et religion, tradition et modernité. Le communisme trouve encore partisans et Taschmat, le voleur de bétail, est régulièrement en virée, avec à ses trousses le policer du village. Tout cela n'a plus grand-chose à voir avec la justice, tous les villageois s'en rendent bien compte et ils présentent régulièrement leurs doléances à l'administrateur du village. Leur foi en des jours meilleurs est précaire, tout comme leur foi en un dieu équitable. Qu'il s'appelle d'ailleurs Allah ou Jéhovah, eux préfèrent s'adonner aux plaisirs d'ici-bas. Mais la vie quotidienne suit son cours en dépit de la nostalgie et des plaintes. «Le récit s'articule autour de la destinée du peuple kirghiz après l'effondrement de l'empire soviétique et l'indépendance qui en a résulté pour le Kirghizistan. Alors que personne ne s'y attendait, les mécanismes de la centralisation étatique soudain cessent de fonctionner. Le héros de l'histoire, c'est bien sûr le peuple kirghiz lui-même, et c'est lui qui en fait les frais avant de trouver une issue au problème. Sans doute seuls l'humour et l'autodérision permettent-ils de comprendre et d'appréhender toute la force des images tristes qu'offre la vie quotidienne; un humour qui se situe dès lors au-delà du rire, puisqu'il découle directement de l'absurdité de la situation.» Ernest Abdyjaparov |
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