Ta Dona

Adamo Drabo
Mali, 1991
Dans le petit village bambara de Farabougou du sud saharien, la saison des pluies tire à sa fin. Les récoltes s'annoncent abondantes. Pourtant, il y a émoi à Farabougou, car l'oracle a prédit une brusque sécheresse et des incendies. Pour Sidy, jeune ingénieur des eaux et forêts, installé depuis quelque temps dans le village, c'est le début d'une longue marche initiatique. Il part à la recherche d'une plante aux sept pouvoirs curatifs dont les guérisseurs ont perdu la septième vertu. Sa quête l'entraîne dans les profondeurs dangereuses et mystiques de la société bambara ... Il va se heurter à la corruption de la haute administration, comme à certaines pratiques ancestrales. Pourtant, il ne s'agit pas d'un «européanisé». Il cherche à faire le lien entre la tradition africaine et la nécessaire modernisation de la vie dans les villages.

Pourses débuts de cinéaste, le jeune malien Adama Drabo n'hésite pas à lier plusieurs des plus importants thèmes du cinéma africains. Entre un présent autoritaire et corrompu, et un passé mythique, Adama Drabo cherche la voie du développement de l'Afrique. Ce n'est pas tout: il nous raconte une histoire où le suspens, les rebondissements nous tiennent en haleine. Dans un mélange heureux des genres, passant de la magie du verbe africain à la satire des moeurs des nouveaux possédants, de la comédie à la critique la plus virulente, «Ta Dona» nous raconte l'Afrique, la vraie, celle d'aujourd'hui.