Zan Boko

Gaston Kaboré
Burkina Faso, 1990
Le village de Tinga est situé près de la ville. Pourtant, celle-ci est comme un autre monde pour lui et tous les autres villageois. A leurs yeux, elle n'existe pas vraiment, jusqu'au jour où des géomètres viennent faire des relevés, numéroter leurs maisons. Tinga et ses amis ne comprennent pas tout de suite: la ville s'étend et va «manger» le village. Pour Tinga, la vie continue. Il va aux champs, fait ses récoltes, sans s'occuper de ses nouveaux voisins, sans se rendre compte qu'il dérange avec sa cuisine traditionnelle, son bétail, ses cases. Sa concession ne serait-elle pas l'endroit idéal pour une piscine? Mais Tinga refuse de vendre une terre qu'il estime ne pas être la sienne: ce lopin appartient à ses ancêtres, c'est aussi celui de sa descendance. Il ne peut donc pas le vendre. Il ne comprend pas qu'on puisse le lui demander. Bien sûr, le pouvoir sera le plus fort, mais Tinga, lui, gardera sa dignité.

«Zan Boko est le choc de deux monde, choc à la fois spatial et culturel entre la ville et la campagne, qui se réalise au détriment de la seconde. Ce film raconte la disparition d'un petit village d'Afrique Noire qui est absorbé par une agglomération urbaine en pleine extension. Une communauté rurale caractérisée par un rythme propre de vie et une vision spécifique du monde, va brutalement basculer et perdre son identité.»
Gaston Kaboré