Réalisateur

Ömer Kavur

1 Film dans la collection

Né en 1944, Ömer Kavur est l'une des principales figures du cinéma turc contemporain. Dans les années soixante, il suit les cours du Conservatoire indépendant du cinéma français à Paris, avant de poursuivre ses études de l'histoire du cinéma sous la direction de Marc Ferro. Son premier film, «Eminé couche toi-là» (Yatlk Emine, 1974) est l'adaptation d'une histoire extraite du recueil «Nouvelles du pays» (Memleket Hikayeleri) de Refik Halit Karay, qui se heurte bientôt à la censure. Après quelques travaux alimentaires - films publicitaires et documentaires - Ömer Kavur décide de devenir son propre producteur, ce qui constitue pour lui la seule possibilité pour lui de faire le cinéma qu'il désire.

En 1979, il tourne «Les Gamins d'Istanbul» (Yusuf île Kenan). L'histoire des frères Yusuf et Kenan qui quittent leur Anatolie natale après l'assassinat du père pour cause de vendetta, est exemplaire de la vie de dizaines de milliers d'enfants qui tentent de survivre dans les bidonvilles d'Istanbul. Il s'agit là d'un regard sensible et perspicace, face aux réalités d'un pays et aux dangers qui guettent les jeunes relégués en marge de la société, devenant ainsi une proie facile pour les organisations politiques extrémistes.

Entre 1981 et 1985, Ömer Kavur réalise cinq long métrages populaires qui sont d'autant de variations sur des thèmes classiques comme l'amour difficile, sinon impossible, ou bien des road movies comme il les affectionne. «Ah la belle Istanbul» (Ah Güzel istanbul, 1981) est adapté d'une nouvelle de Füruzan en collaboration avec l'auteur. «Une histoire d'amour brisée» (Klrlk Bir Ask Hikayesi, 1981) et «Le Lac» (Göl, 1982) sont les fruits d'un travail commun mené avec un autre écrivain, Selim Ileri. Puis vient le temps de la collaboration avec un jeune scénariste, Barls Pirhasan, qui a un goût marqué pour le cinéma d'art et d'essai; ensemble ils signeront deux films: «Colin-maillard» (Körebe, 1984) et «La route désespérée» (Amanslz Yol, 1985).

En 1987, Cannes découvre le réalisateur turc avec «Le Voyage de nuit» (Gece Yolculugu), une réflexion originale sur la difficulté de créer d'un cinéaste. Après un silence de quatre ans, Ömer Kavur revient avec «Le Visage secret» (Gizli Yüz, 1991) qui nous convie à la recherche initiatique d'un visage perdu dans le temps enchanté d'un conte oriental aux dimensions infinies. Ce dixième long métrage reste à ce jour son dernier film.

Gizli yüz (Flyer)

Gizli yüz (1991)

Un photographe, travaillant dans les tavernes et les boîtes de nuit d'Istanbul, porte tous les matins les photos qu'il fait à une mystérieuse femme qui recherche un visage. Les années passent... Un jour, elle finit par trouver celui qu'elle cherchait : il s'agit d'un horloger de faubourg, un être funambulesque, plein de rêves et de songes. Peu de temps après, la femme disparaît ainsi que l'horloger. En proie à une passion irrépressible, le photographe entreprend un voyage sans fin, vers des villages oubliés, des contrées abandonnées, au bout du monde. Suite