Film

107 Mothers - Cenzorka

Peter KerekesUkraine – 2021

Enceinte, Leysa a été condamnée pour le meurtre de son mari. C’est donc en prison qu’elle donnera naissance à son enfant, et elle pourra le garder auprès d’elle pendant trois ans. Iryna est, elle, la gardienne de cette section particulière de l’établissement pénitentiaire où sont détenues les futures mères et les jeunes mamans. Deux destins se croisent dans cette fiction qui n’en est pas vraiment une.

La colonie pénitentiaire 74 d’Odessa est l’une des deux seules d’Ukraine où les jeunes, ou futures, mères sont incarcérées. C’est là que Leysa met au monde son enfant dont elle pourra s’occuper durant ses trois premières années avant d’en être séparée. La vie en prison est faite de routine, lessive, gymnastique, cours et, surtout, visites à la pouponnière. Ce sont des instants que les prisonnières attendent chaque jour avec impatience.

Puis, ce sera la garderie où les enfants grandissent, jusqu’au moment tragique de la séparation. Si la famille de la détenue ne peut pas prendre en charge l’enfant, celui-ci sera envoyé à l’orphelinat. Cependant, certaines – celles qui ont accompli la majeure partie de leur peine – peuvent espérer une issue plus clémente: une libération condi-tionnelle qui leur permettrait de garder leur enfant. Ce sera l’instant crucial, car si jusque là, aucune violence, aucun drame, n’étaient apparents dans cette prison si paisible, le moment où se décide l’avenir d’un enfant – somme toute innocent, lui – dévoile soudain la réalité crue, glacée, du système judiciaire où les jugements sont annoncés par vidéos interposées. Où la juge assène la sentence sans même voir la prévenue. Débute alors pour Leysa une course contre la montre pour éviter l’orphelinat et la perte de l’enfant, avec Iryna sa gardienne pour témoin.

La réussite de 107 Mothers tient au processus choisi: à mi-chemin entre le documentaire et la fiction. Leysa est incarnée par une actrice, mais tous les autres protagonistes sont réellement les gardiennes et les prisonnières de cette prison d’Odessa où est tourné le film. De ce parti-pris de vérité, de cette observation quasi anthropologique de la vie en prison, résulte, presque paradoxalement, une oeuvre de fiction d’une grande sensibilité.

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Titre original 107 Mothers - Cenzorka
Titre allemand 107 Mütter
Titre français 107 mères
Autres titres 107 madres
Réalisation Peter Kerekes
Pays Ukraine
Formats
Scénario Péter Kerekes, Ivan Ostrochovský
Montage Thomas Ernst, Martin Piga
Musique Lucia Chutkova
Image Martin Kollár
Son Michael Gabor, Tobias Potocny
Equipment Mykola Dovzhansky
Costumes Katarina Hollá, Polina Kartseva
Production Ivan Ostrochovský
Durée 93 Min.
Langue Russisch, Ukrainisch/d/f
Acteurs
Iryna Kiryazeva
Maryna Klimova
Lyubov Vasylyna
Distinctions

Chicago International Film Festival
Silver Hugo, Best director

Venice Film Festival
Horizons Award, Best Screenplay

San Sebastián International Film Festival

Ärztin: «Wen hast du umgebracht?»
Leysa: «Meinen Ehemann.»
Ärztin: «Warum?»
Leysa: «Eifersucht.»
Ärztin: «Verstehe.»



«Leysas Liebe und Fürsorge stemmt sich gegen das triste Gemäuer, die brutalen Routinen im Gefängnis und die tiefen Narben der Vergangenheit. Dazu mischt Kerekes die Geschichte der Aufseherin Iryna, die sich ganz ihrer Arbeit verschrieben hat, und lässt verschiedene Insassinnen in intimen Gesprächen über ihre Verbrechen und die Mutterschaft sinnieren.» Der Falter

«In präzis konfrontierenden Bildern mischt Peter Kerekes eine Narration rund um Leysa und die Aufseherin Iryna mit Gesprächen, in denen verschiedene Insassinnen über ihre Verbrechen und die Mutterschaft sinnieren. Isolation trifft auf Intimität, ein Plädoyer für das Muttersein – und für die Menschlichkeit.» Viennale, Patrick Holzapfel

«Peter Kerekes s’intéresse aux mères qui se retrouvent derrière les barreaux, en traversant la frontière entre réalité et fiction si souvent qu’elle finit par ne plus exister.» Cineuropa, Marta Bałaga

«Peter Kerekes blends documentary and narrative filmmaking techniques to tell the quiet story of a women’s prison in Ukraine.» Hollywood Reporter

«Initially supposed to be a film on the people in charge of censoring the private correspondence of the prisoners, 107 MOTHERS became an heartfelt homage to the women populating Facility 74 over the course of its long production. This is one of the two prisons in Ukraine where mothers and children can be together until their legal separation ineluctably arrives. In this closed universe, women deliver their crimes, hopes, loves, and sorrows before the camera, in moments of rare relief from the monotony of the prison routine. In his fiction debut, director Peter Kerekes’ distinctive and subtle humor constructs a world out of time and captures the true nature of his characters with grace, portraying these otherwise invisible women and children with a bracing sense of justice.» Rebecca DePas


Peter Kerekes:
«Au départ, nous avions entrepris de faire un film sur les censeurs. De nos jours, tout passe par des algorithmes informatisés, donc ces gens sont les derniers qui restent. Nous en avons trouvé en Arabie Saoudite, qui se concentrent sur les magazines de mode, et puis il y a ceux qui travaillent dans les prisons, qui censurent le courrier. Nous avons trouvé Iryna, à la prison d’Odessa, et nous voulions montrer une femme, assise dans son bureau à lire les lettres d’amour d’autres personnes. L'idée était de faire un pur documentaire, dans le style d'Ulrich Seidl ou Nino Kirtadze. Et puis nous avons approfondi les histoires de ces prisonnières, le fait qu’elles ont des enfants, et là je me suis rendu compte qu’il est impossible de les suivre jusqu'au bout. Notre actrice, Maryna Klimova, ne cadrait pas dans cet environnement, au début. Et puis j’ai vu Don’t Cry, Pretty Girls!, de Márta Mészáros, où il y a une Tchèque parmi toutes les Hongroises : elle ne comprend rien et elle se contente de regarder autour d’elle de ses yeux curieux, merveilleux. J’ai utilisé la même astuce. La plupart du temps, Maryna est juste un miroir.»


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