Centaur

Projectionniste dans un village des environs de Bichkek, la capitale du Kirghizistan, Centaur tente de s’opposer Ă  ce qu’il estime ĂȘtre une perte des valeurs morales engendrĂ©e par le dĂ©veloppement d’une sociĂ©tĂ© d’économie libĂ©rale. Aktan Arym Kubat propose encore une fois, aprĂšs Le voleur de lumiĂšre, une Ă©mouvante Ă©lĂ©gie, hommage Ă  une culture confrontĂ©e Ă  une mutation paraissant irrĂ©versible.

Centaur vit avec sa jeune femme sourde et muette et leur fils dans un village des en‐virons de Bichkek, la capitale du Kirghizistan. A Nurberdi, son fils, il raconte les lĂ©gendes du temps passĂ©, oĂč les chevaux et les hommes ne faisaient qu’un, les premiers donnant des ailes aux seconds. Ailleurs dans le village, un mystĂ©rieux voleur s’introduit dans les Ă©curies, y volant des chevaux, justement, pour leur rendre leur libertĂ©. Ce geste va au-delĂ  de la comprĂ©hension de Karabay, le riche parvenu du coin, pour qui le cheval n’a plus d’autre valeur que marchande...

Qu’on ne s’y trompe pas, l’intrigue de Centaur ne tourne pas autour d’une simple opposition entre tradition, forcĂ©ment bonne, et modernitĂ©, forcĂ©ment mauvaise. Le propos de Arym Kubat est plus subtil, comme le sont sa mise en scĂšne et les parcours de ses protagonistes. Centaur est lui-mĂȘme projectionniste, il n’est pas fermĂ© Ă  la technique apportĂ©e par le progrĂšs, sa femme est russe et Karabay, le nouveau riche, n’est pas insensible au discours de son frĂšre de sang. Le film doit plutĂŽt ĂȘtre pris comme un instantanĂ© poĂ©tique, Ă©vitant les clichĂ©s exotiques, traçant le portrait d’une sociĂ©tĂ© en pleine mutation, subissant des influences multiples dans une rĂ©gion du monde secouĂ©e par la guerre – en Afghanistan tout proche – oĂč un Islam rigoriste tente de s’imposer. Le sĂ©rieux du propos n’empĂȘche pourtant pas l’humour de s’immiscer dans le rĂ©cit, lui donnant une lĂ©gĂšretĂ© bienvenue. En fait, Centaur, tournĂ© au Kirghizistan, narrant une histoire caractĂ©ristique de la culture et de la situation politique kirghizes, dĂ©veloppe une intrigue Ă  la portĂ©e universelle menĂ©e de main de maĂźtre par un rĂ©alisateur qui s’impose aussi – encore une fois – comme un acteur de talent.

Martial Knaebel

Festivals & prix

Berlinale 2017, Panorama: CICAE Art Cinema Award

Mooov Filmfestival (Belgium): CANVAS Award for the best film

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Fiche technique

Titre original
Centaur
Titre
Centaur
RĂ©alisation
Aktan Abdykalykow - Arym Kubat
Pays
Kirghizistan
Année
2017
Scénario
Aktan Arym Kubat, Ernest Abdyjaparov
Montage
Petar Markovic
Musique
Andre Matthias
Image
Khassan Kydyraliev
Son
Gerben Kokmeijer
Costumes
Inara Abdieva
DĂ©cors
Adis Seitaliev
Production
Altynai Koichumanova, Cedomir Kolar, Thanassis Karathanos, Marc Baschet, Denis Vaslin
Formats
Blu-ray, DCP
Durée
89 min.
Langue
Kirgisisch/d/f
InterprĂštes
Aktan Arym Kubat (Centaur), Nuraly Tursunkojoev (Nurberdi), Zarema Asanalieva (Maripa), Taalaikan Abazova (Sharapat), Ilim Kalmuratov (Sadyr), Bolot Tentimyshov (Karabay), Maksat Mamyrkanov (Teit)

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Organisation

Revue de presse

«Wie schon in frĂŒheren Filmen ĂŒbernimmt Aktan Arym Kubat auch in Centaur die Hauptrolle selbst. Höchst ĂŒberzeugend! Seiner Regiearbeit tut das keinen Abbruch. In ruhigen Bildern erzĂ€hlt Kubat mit einer gut dosierten Portion Ironie und Humor seine allegorische Geschichte ĂŒber das Zusammenleben von Mensch, Tier und Natur. Dabei herrscht eine authentische AtmosphĂ€re, die von einem befreienden Minimalismus geprĂ€gt wird. Kubat gelingt es zudem eindrĂŒcklich, die GegensĂ€tze in Kirgistan aufzuzeigen: Ein Land zwischen Glauben und Aberglauben, Moderne und Tradition, Armut und Reichtum. Mit Centaur festigt er seinen Ruf, ein Poet des Gewöhnlichen zu sein, was ĂŒberaus positiv gemeint ist.» Oliver Loga, Tierwelt

«Als ökonomischer Alltagslyriker ist der Kirgise Aktan Arym Kubat fantastisch; es reicht ihm eine kurze Familienszene, um alles Ungesagte zu sagen.» Pascal Blum, ZĂŒritipp

«Vor der ĂŒberwĂ€ltigenden Landschaft Kirgisistans, den endlosen Ebenen und schroffen Gebirgen, schrumpfen die Protagonisten zu kleinen Punkten. Mensch und Natur sind aus dieser Perspektive untrennbar miteinander verknĂŒpft. Die prachtvollen Panoramaaufnahmen und anhaltenden Totalen lösen das filmische ErzĂ€hlen und den Zuschauer­blick vom GĂ€ngelband einer durchgetakteten Schnitt-­Gegenschnitt-Montage. Eine wunderbare, kleine cineastische Kostbarkeit.» Stefan Volk, Filmbulletin

«In Ă€sthetisch schönen Bildern begleitet der Zuschauer Zentaur durch seinen Alltag, der geprĂ€gt ist von Höflichkeit und Melancholie. Das natĂŒrliche Licht, die raue Landschaft und die fĂŒr uns fremde Kultur faszinieren.» Claude Jaermann, Spuren

«Eine humanistische und poetische Fabel mit universellem Charakter.» Tagblatt

«Ein wuchtiger Film aus Kirgisien/Kirgistan. Der Kirgise Aktan Arym Kubat schuf eine wunderbare Allegorie ĂŒber verlorene Mythen und Unschuld, Wertewandel und Verlust.» Rolf Breiner, cineman.ch

«Centaur rĂ©sonne comme un conte rĂ©el qui nous dit avec grĂące et lĂ©gĂšretĂ© de ne pas oublier d'oĂč l'on vient.» Arte CinĂ©ma

«Centaur est une sorte d’instantanĂ© poĂ©tique, qui dresse le portrait d’une sociĂ©tĂ© en pleine mutation.» 20minutes

«Une fable humaniste et poétique.» Le Courrier

«A universal story with distinctive visual characteristics, made with absolute technical mastery.» The Hollywood Reporter