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Une jeune femme dans la trentaine s’immisce dans une célébration de l’Epiphanie jusque là exclusivement masculine. Ce «sacrilège» secoue la petite bourgade macédonienne où vit l’héroïne Petrunya. Comédie mordante et narquoise, Dieu existe, son nom est Petrunya nous plonge dans une société patriarcale et phallocrate, mais finalement impuissante pour peu qu’on lui résiste.

Qui est le loup, qui est l’agneau?

Petrunya a la trentaine, vit toujours chez ses parents et n’a toujours pas trouvé de travail. Au retour d’un x-ième entretien d’embauche qui, en plus d’être infructueux, fut humiliant pour la jeune femme, Petrunya croise la procession de l’Epiphanie et la suit jusqu’à la rivière où le prêtre jette une croix en bois que les jeunes gens du village vont chercher à récupérer en affrontant les flots glacés. Dans un geste spontané et irréfléchi, la jeune femme se jette à l’eau, elle aussi, et récupère la croix la première. Scandale chez les jeunes hommes frustrés qui veulent récupérer leur dû. Petrunya s’enfuit sous les quolibets et les menaces pour se réfugier chez elle. Pour le prêtre, non plus, elle n’avait pas le droit de participer à la cérémonie. Il fait appel à la police pour récupérer ce qu’il considère comme son bien.

Dieu existe, son nom est Petrunya est d’abord le portrait d’une femme qui se révèle à nous et à elle-même. Entre la chipie paresseuse, réfugiée sous les draps, du début et la jeune femme à la fin, il y a un univers. Zorica Nusheva nous fait vivre, avec un talent phénoménal, cette évolution de Petrunya. Ou plutôt cette révélation, petit à petit, d’une femme éduquée, plus sûre d’elle-même à mesure qu’elle voit la faiblesse des représentants du sexe fort. La fable du loup déguisé en agneau est ici carrément inversée: Petrunya se dit l’agneau déguisé en loup… Mais le film, à un niveau plus général, est aussi une satire d’une société qui se voudrait moderne, mais qui n’arrive pas à se défaire d’oripeaux d’un autre âge. Une société où, d’ailleurs, l’histoire semble être juste utile à perpétuer des légendes. Pour mettre tout cela en scène, la réalisatrice Teona Strugar Mitevska use d’un ton humoristique qui ne déplairait pas à Ken Loach, entre ironie vis-à-vis des structures et empathie pour ses personnages. Martial Knaebel


Bonus:
Conférence de presse Berlinale 2019

Interview avec la réalisatrice

Articles sur le film: Deux Ours d'argent

Deux prix à la Berlinale pour le film chinois SO LONG, MY SON

Suite

Titre original God Exists, Her Name is Petrunya
Titre allemand Gott esistiert, ihr Name ist Petrunia
Titre français Dieu existe, son nom est Petrunya
Autres titres Gospod postoi, imeto i' e Petrunija
Réalisation Teona Strugar Mitevska
Pays Macédoine, l'ex-République Yougoslave de
Formats Blu-ray, DCP
Scénario Elma Tataragic, Teona Strugar Mitevska
Montage Marie-Hélène Dozo
Musique Olivier Samouillan
Image Virginie Saint Martin
Son Hrvoje Petek
Equipment Vuk Mitevski
Costumes Monika Lorber
Production Labina Mitevska
Durée 100 Min.
Langue Mazedonisch/d/f
Acteurs
Zorica Nusheva Petrunya
Labina Mitevska Slavica
Simeon Moni Damevsk Chief Inspector Milan
Suad Begovski Pope
Violeta Shapkovska Vaska
Stefan Vujisic Junger Polizist
Xhevdet Jasari Cameraman
Andrijana Kolevska Blagica
Distinctions

Berlinale 2019:
Prize of the Ecumenical Jury
Artcinema Prize

Hauptpreis am Frauenfilmfestival Dortmund-Köln

«Une comète cinématographique venue de Macédoine!» J:Mag


«Très drôle et décalé.» La Croix


«Une grande partie de ce succès est due à l'excellente performance de Zorica Nusheva.» Variety


«Das Glück liegt im Eiswasser.» TagesZeitung

«Endlich! Es wurde höchste Zeit für einen Film von dieser Wucht. Danach lauter merkwürdig gelöste Gesichter voll stiller Freude.» Tagesspiegel

«Es ist immer wieder einer der schönsten Momente auf einem Festival wie der Berlinale: Der Auftritt einer komplett unbekannten Darstellerin, die einem sofort ins Herz springt. Ein Gesicht, das einem auf Anhieb sympathisch ist und dem man nur das Beste wünscht.» RBB24


«Was entscheidend für den Film spricht, ist der Humor, mit dem er das aktuelle Thema behandelt. Es ist ja der ideale Berlinale-Beitrag für dieses Jahr: Für Regie, Drehbuch, Kamera und Schnitt zeichnen Frauen verantwortlich. Er handelt von Männern, die Tradition mit Gesetz verwechseln. Die Heldin ist eine ganz normale Frau mit Kummerspeck, die selbst über ihr Leben bestimmen will.  Sie erkennt, dass sie das kann.» Berliner Zeitung

«Teona Strugar Mitevska präsentiert eine Satire zwischen Zorn und Melancholie, die nach dem Stand demokratischer Veränderungen in der mazedonischen Gesellschaft fragt und den Vertretern von Kirche, Justiz und Medien ein kritisches Zeugnis ausstellt. Die Sympathie des Films gehört der entschlossenen Frau, die sich gegen archaische Traditionen und lähmenden Opportunismus behauptet.» Berlinale

La co-scénariste Elma Tataragic:
«Cette idée de cette femme qui en 2014 a sauté dans l’eau à la procession de l’épiphanie orthodoxe et récupéré la croix, une femme qui plus est tout à fait ordinaire, et qui suite aux sollicitations de l’Église n’a pas voulu rendre la croix car elle ne voyait pas pourquoi elle devait rendre quelque chose gagné tout simplement car elle était meilleure nageuse que les hommes, cette idée était très cinématographie et nous a lancé sur cette idée que le monde est cruel, cruel envers les femmes, mais bien entendu envers les hommes aussi qui doivent jouer le rôle que la société attend d’eux. Si une femme s’immisce dans le monde des hommes, qui en réalité est le même monde, les problèmes commencent.»

La réalisatrice Teona Strugar Mitevska :
«C’est basé sur cette histoire, mais ce qu’il s’est passé ensuite est né de notre imagination. Nous voulions montrer un individu face à l’État et à l’Église, le combat contre les institutions. Car lorsque cet événement s’est passé, on pensait que cela allait susciter un débat public. Mais non! Cela a été traité comme un fait divers et cela nous a révolté-e-s. Nous nous sommes dit qu’il fallait donc que nous lancions le débat. Sinon pourquoi faire du cinéma si ce n’est pas pour poser des questions et entrer dans le débat public?»

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Dans les cinémas

  • Delémont, La Grange: les 8, 20 et 25 mai
  • Genève, Les Scala: dès le 8 mai
  • Genève, Les Scala: le 7 mai en présence de la réalisatrice
  • La Chaux-de-Fonds, ABC: dès le 15 mai
  • Lausanne, Pathé Les Galeries: dès le 8 mai
  • Neuchâtel, Cinépel: dès le 8 mai