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Autrefois acteur de théâtre, Aydin est retourné dans son village natal dans le but d’écrire une histoire du théâtre turc. Là, il vit en compagnie de sa jeune femme et de sa soeur dans le petit hôtel Othello, qu’ils gèrent. L’hiver s’installe, les derniers clients s’en vont et le confinement obligé exacerbe un malaise diffus entre les trois personnages, alors qu’à l’extérieur les tensions sociales latentes obligent, elles aussi, le maître des lieux à sortir de son splendide isolement. Nuri Bilge Ceylan nous offre son oeuvre la plus achevée à ce jour, qui impressionne autant par sa mise en scène dans des décors superbes et sa mise en abyme des sentiments, que par les thèmes qu’elle aborde.

Splendeur et violence

Méditation sur les relations humaines, chronique sociale d’une région reculée marquée par un paysage accidenté et magnifique, il y a de tout cela dans Sommeil d’hiver. Nuri Bilge Ceylan reconnaît volontiers l’influence qu’exerce sur lui l’oeuvre d’Anton Tchekov dont les nouvelles furent d’une précision extrême dans la description de la vie provinciale russe à l’orée du 20e siècle. On retrouve ici ce même souci du détail lorsqu’il s’agit pour Ceylan de dépeindre – le mot est choisi ici à dessein, tant cadre, lumière et couleurs font de chaque plan de véritables tableaux – les rapports de classe qui lient Aydin, petit hobereau, et ses locataires et employés, et leur violence sous-jacente. Une violence d’autant plus poignante et ressentie qu’elle ne s’exprime que par les attitudes, les regards et les mots, avec un Aydin éludant en plus ses devoirs de propriétaire et de patron, qu’il délègue à son fidèle factotum.

On retrouve la même tension, la même brutalité, au sein de la famille d’où suent les frustrations et le mépris pour les autres. Les dialogues que s’échangent Aydin et sa soeur Necla, ou sa jeune femme Nihal sont, eux aussi, d’une richesse et d’une netteté limpides dans leur expression des états d’âme des protagonistes. Là encore la mise en scène et le déroulement du récit font merveille. On découvre petit à petit le réel personnage qu’est l’écrivain Aydin, usant de casuistique pour réfuter tous les reproches – qu’on pourrait lui faire – et aussi pour fuir ses responsabilités aussi bien sociales que familiales avec la suffisance des gens de bien qui ont réponse à tout. Une assurance qu’on verra se craqueler dans une sorte de coup de théâtre final. En face de lui, Nihal, fragile, confond charité et justice sociale, alors que Necla s’enfonce dans la rancoeur d’une vie qu’elle croit avoir ratée. Nuri Bilge Ceylan montre ici une virtuosité sidérante, sublimant l’art du dialogue et du cadre, osant les citations théâtrales tout en réalisant du vrai cinéma. A tout cela s’ajoute un regard d’une profonde humanité sur ses semblables et un souci de ne pas laisser un seul protagoniste au bord du chemin. Sommeil d’hiver serait long? Et alors? Puisque cela fait en tout cas vraiment trois heures de bonheur.

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DVD «Winter Sleep»: Offre prévente

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La palme d'or pour Winter Sleep

Le jury de la compétition officielle décerne la palme d'or à Nuri Bilge Ceylan.

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Titre original Winter Sleep
Titre allemand Winterschlaf
Titre français Sommeil d'hiver
Autres titres Winter Sleep - Kış Uykusu
Réalisation Nuri Bilge Ceylan
Pays Turquie
Formats DVD, Blu-ray, DCP
Scénario Ebru Ceylan, Nuri Bilge Ceylan
Montage Nuri Bilge Ceylan, Bora Göksingöl
Image Gökhan Tiryaki
Son Andreas Mücke-Niesytka
Equipment Gamze Kus
Production Zeynep Ozbatur Atakan - Herausgebracht mit Unterstützung durch Eurimages
Durée 196 Min.
Langue Türkisch/d/f
Acteurs
Haluk Bilginer Aydin
Melisa Sözen Nihal
Demet Akbag Necla
Ayberk Pekcan Hidayet
Serhat Mustafa Kiliç Hamdi
Nejat Isler Ismail
Tamer Levent Suavi
Nadir Saribacak Levent
Emirhan Doruktutan Ilyas
Ekrem Ilhan Ekrem
Rabia Özel Fatma
Fatma Deniz Yildiz Sevda
Distinctions

Palme D'Or Cannes 2014

Prix Fipresci 2014

«Unendlich packend.»
Pascal Blum, Tages-Anzeiger

«Wie Woody Allen in Bestform.»
Verena Luecken, FAZ


 
«Drei Stunden und sechzehn Minuten allerhöchster Genuss!»
Telerama
 
«Ein atemberaubender Film.»
The Guardian


«Ein intelligentes und raffiniertes Meisterwerk, ein unglaublicher Rhythmus, der dich nach und nach nach innen trägt. Ich habe mich in den Figuren wiedererkannt.»
Jane Campion, Jurypräsidentin Cannes


«So präzise in der Wortwahl und Dramaturgie, dass es einen umhaut.»
Der Spiegel



«Das hochintelligente Konversationsstück hat brillante Dialoge, hervorragende Darsteller und ist ungemein souverän inszeniert. Zu einer Zeit, da in der Türkei die Meinungsvielfalt und -freiheit bedrängt ist, kommt diese Auszeichnung gerade recht.»
Susanne Ostwald, NZZ



«Das grossartige Dialogstück.»
Tages-Anzeiger, Christoph Schneider



«Während sich rundum die Kriege der Türkei nähern, erhebt die Film-Kunst ihre Stimme.»
Tageswoche, Hansjörg Betschart

«Dieser Film schafft es kongenial, einen komplett entgegen den dargestellten Emotionen in der Handlung mit einem regelrechten Glücksgefühl auszufüllen. Dem Glücksgefühl, von einem raffinierten Filmmagier über drei Stunden lang mit einer jede Faser des eigenen Daseins ergreifenden Intensität in eine andere Welt entführt und gleichsam intellektuell brillant unterhalten worden zu sein. Stellt man diese grandiose Leistung zudem noch in den Kontext der aktuellen Lage der türkischen Gesellschaft, nähert sich die Begeisterung einer baren Euphorie. froh.»
Thierry Frochaux, P.S.


«Ceylans Charakterstudien wecken Sympathien und Antipathien. Und sie stimmen nachdenklich: «Winterschlaf» wird zum Gleichnis, zur Parabel und erinnert schmerzhaft an verwandte Situationen in der Schweizer Gegenwart und sogar in unserer Nähe. Möge uns Schuberts Andantino begleiten ins Eigene und zu den andern.» Fred Zaugg, der Bund

«Mit diesem Meisterwerk hat die gedankentiefe und bildmächtige Erzählkunst Ceylans, seit 1995 ein Dauergast am Filmfestival Cannes, ihren bisherigen Höhepunkt erreicht (...) Die von Tschechow inspirierte hohe Dialogkunst paart sich in «Winter Sleep» mit der ureigenen grandiosen Bildsprache des als Fotograf geschulten Ceylan. Beeindruckende Landschaftspanoramen und die – mitunter unbehagliche – Intimität geschlossener Räume, welche oft eine trügerische Wärme ausstrahlen, prägten bereits seine letzten beiden Werke.»
Susanne Ostwald, NZZ

«L'hôtel Othello, théâtre de la vie»
Le Monde



«Mit seinem majestätischen Drei-Stunden-Drama "Winter Sleep" bestätigt Nuri Bilge Ceylan seinen Ruf als Meister des subtilen Sittenbilds seiner türkischen Heimat. - Tschechow hat Ceylan als eine Inspirationsquelle für "Winter Sleep" genannt. Mehr noch spürt man aber den Einfluss von Shakespeare, der selbst in einer Schlüsselszene rezitiert wird, denn Aydin hat eine tragikomische Grösse, wie man sie aus Shakespeares Königsdramen kennt.»
Hannah Pilarczyk, Der Spiegel



«Le film le plus long de l’édition 2014 est aussi le plus beau: «Winter Sleep» remporte la Palme d’or.»
Le Temps

«Winter Sleep, film magnifique qui confirme le réalisateur turc dans son statut de grand auteur de cinéma. Winter Sleep est un film long (3 h 16), qui procède par conversations successives entre les différents protagonistes ; c'est un film qui se déploie dans la durée, et qui vaut tant par sa construction formelle remarquablement maîtrisée que par son propos, moral et philosophique.»
Le Monde


«Le film est un huis clos choral disséminé entre une douzaine de personnages, chacun servant de révélateur des contradictions et vanités de la comédie humaine. Dans sa forme, expression d’un certain classicisme très littéraire, toute de dialogues brillants et acérés qui louchent vers Tchekov et Bergman.»
Libération


«Jedes Wort in den langen Dialogszenen stimmt. Die Dramaturgie stimmt. Und das ausbalancierte Wechselspiel zwischen Innen und Außen. So zeichnet der ruhige Film ein kritisches Bild der türkischen Intellektuellen, die viel reden, aber doch nichts ändern an den Zuständen um sie herum. 

Der Regisseur Nuri Bilge Ceylan hat seinen Preis allen Menschen in der Türkei gewidmet, die sich aktiv für Veränderungen in ihrer Heimat einsetzen. Vor allem denen, die dieser Einsatz bereits das Leben gekostet hat.»
Die Zeit


«Difficile de suffisamment vanter la beauté des dialogues et de la mise en scène du film, d’un niveau exceptionnel dans le cinéma contemporain. On n’a pas employé le mot «chef-d’œuvre» mais on n’en pense pas moins.»
arte, Olivier Père

«C'est un film qui vaut tant par sa construction formelle remarquablement maîtrisée que par son propos, moral et philosophique
 Le Monde.

«Remise en cause d'un acteur à la retraite régnant comme un petit pape sur l'immense domaine rural dans lequel il s'est replié, Winter Sleep s'inspire notamment de Bergman et de Tarkovski. Durée colossale (3h16), rigueur formelle incontestable, ancrage théâtral : la Palme d'or 2014 couronne le cinéma d'auteur traditionnel dans toute sa splendeur.»
Le Nouvel Observateur

«Au troisième jour du festival, Winter Sleep s’est imposé comme une évidente Palme d’or. Le film-fleuve (3h16) de Nuri Bilge Ceylan prend le temps de dire le temps qui passe, l’hiver qui vient, la glaciation des sentiments. Avec une maîtrise formelle impressionnante et une irréprochable rigueur morale, le cinéaste turc mène une méditation existentielle centrée sur un ancien comédien, qu’un héritage a rendu riche et propriétaire d’un hôtel troglodyte pittoresque en Anatolie.»
Le Temps


«Nuri Bilge Ceylan is at the peak of his powers with WINTER SLEEP, a richly engrossing and ravishingly beautiful magnum opus that surely qualifies as the least boring 196-minute movie ever made.»
Variety



«One of the more rewarding film achievements of the year. Ceylan’s cast performs with such precision and feeling that even Bergman would have applauded.»
Screen International



«Mesmerizing, superbly acted. Nuri Bilge Ceylan's WINTER SLEEP is three hours-plus and worth the trip.»
Indiewire



«WINTER SLEEP has a timeless quality but is also deeply political.»
The New York Time



«The esoteric world of masterful Turkish filmmaker Nuri Bilge Ceylan proves as vibrant as ever in WINTER SLEEP, a Chekhovian meditation on a marriage that returns to the mood of the director's early films.»
The Hollywood Reporter



«Putin, Merkel, Erdogan, das solltet ihr sehen!»
Andreas Borcholte, Der Spiegel



Die Goldene Palme widmete Nuri Bilge Ceylan der türkischen Jugend und den Opfern der aktuellen AKP-Politik.


Nuri Bilge Ceylan a dédié son trophée à «la jeunesse de Turquie, et à ceux d'entre eux qui sont morts au cours de l'année passée» pendant les manifestations contre le gouvernement de l'AKP.

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